Hôtel

Un hôtel qui
n'existe pas

le temps des coupes à blanc

je suis une montagne
érodée, embrassée par la mer
sur chacun de mes flancs
je disparais tranquillement

j’ai vu des montagnes pleurer
était-ce pour faire monter la mer
plus rapidement
et se laisser noyer

je ne sais pas
je ne sais rien d’autre
que je disparais tranquillement

comme les deux arbres
qui avaient poussés côte à côte
se sont perdus quand est venu
le temps des coupes à blanc

quel est ce vent
qui est passé si rapidement
saccager le versant connu
de l’île que je suis devenu

et si j’ai laissé bâtir
quelque chose de temporaire
c’est que c’est là où je sais;
je serai rongé par la mer 

  • 23 mai 2011